La nouvelle le Joueur d’échecs figure parmi l’une sinon la plus célèbre de son auteur Stefan Zweig, et fût publié en 1943 à titre posthume : l’auteur s’étant suicidé en 1942.
L’oeuvre profondément pessimiste et tragique raconte l’histoire d’un mystérieux Monsieur B., seul apte à possiblement battre Mirko Czentovic, un champion des échecs au tempérament glacial et intéressé.
Le Joueur d’échecs est une oeuvre singulière de par sa qualité et sa capacité à faire pénétrer tout lecteur dans ce mode clos et pesant qu’est celui de la croisière sur lequel se trouve le narrateur. L’enfermement et la perte de lucidité deviennent les fils conducteur de l’oeuvre et se retrouvent dans l’espace limité du bateau et dans le récit de Monsieur B. racontant au narrateur sa détention par la Gestapo et sa folie face au silence et à l’absence de tout hormis un livre retraçant les 150 plus grands affrontements des maîtres sur l’échiquier. Un ouvrage qu’il finit par apprendre par coeur et qui deviendra à la fois son issue et son glissement vers la schyzophrénie. Ce personnage suit un schéma typique de l’oeuvre de Zweig où les personnages subissent toujours les effets d’un monomanie.
Ainsi Stefan Zweig publie une nouvelle extrêmement pessimiste, celle d’un homme qui a du quitter l’Autriche comme ses personnages de par son origine juive. Se sentant menacé dès 1934, l’auteur se réfugie en Angleterre avant de quitter le continent définitivement en 1941 pour le Brésil où anéanti par la guerre et déchu de tout espoir, il se suicide par noyage avec sa compagne le 22 février 1942 près de Rio.